_Je voulais établir un portrait détaillé, mes envies, mon rêve, mes addictions, mes craintes. Mes rires et mes silences. Ce qui me plait, ce qui me répugne. Ce que j'ai, ce qui me manque. Ceux qui sont moi, ceux qui l'étaient. Décrire le poids des ailes un soir de Septembre, le prix d'un billet de train en destination de Angers, le son de la voix du commandant de bord.
_J'aimais avoir les yeux qui piquent une fois le démaquillant séché, et le bruit des bulles de Malabar. Les rires de ma cousine qui résonne dans une pièce, entendre aboyer mon chien par la fenêtre, Ecouter de la musique avant de dormir, prendre un bain pendant des heures. Ecouter du ACDC dans les soirs de colère, et de tristesse aussi paradoxalement, les deux vont pourtant de paires, chez moi. Quand il me serrait dans ses bras, quand il me parlait tout bas, quand on était Deux* en étant l'un sans l'autre. Quand on vivait. L'odeur de la pluie en été, le bruit des pas sur la neige en hiver, chose rare. Plonger dans un eau tiède et transparente, suivie de très près par son corps tout aussi tiède. Me laisser flotter, me laisser faire, me laisser apprivoiser. Comme ça. Avoir ces yeux foncés. Noirs.
_ J'aimais pas quand Ils avaient raison. Quand on parlait pendant que je regardais un film que je connaissais même par coeur. Marcher pieds nus à toutes saisons. Les films d'horreur où je suis obligée de couper le son pour pas fermer les yeux. Le lycée et les Mathématiques, le lycée et les réveils difficiles. Le lycée et la pression. Le lycée et certains professeurs. Et j'ai fais avec. Et j'aimais pas avoir mal, pour rien, pour eux. Ne penser qu'à moi.
_Je restais fasciner devant la mer, la mer Infinie comme on dit chez moi. Lorsque le soleil plongeait dedans, en douceur, et qu'Il* était là. Les photographies de Doisneau et Immacule, d'Elise et d'Isabelle. J'étais subjuguée par la plume d'Emily, par les dessins du Prince, par la musique de Pink, et de Raphaël, et de Bénabar, et d'Evanescence, et de Cabrel, et de tant d'autres. Je les admirais silencieusement, jusqu'à ce jour. Où j'ai osé parler.
_Je fermais les yeux devant des flash, avant de traverser la route, toujours. J'oubliais des numéros de téléphone, des prénoms, des noms. Je gardais mes soupirs pour d'autres jours, d'autres soirs, je battais du coeur quand j'avais envie, quand je voulais avoir envie. J'écoutais quand on me parlait, j'entendais quand on me jugeait. J'étais là quand on voulait me voir, au début. J'étais absente, à la fin.
Et je dégueulais de sincérité, pour vous, rien que pour vous, en ce soir de Septembre.
J'aime la Féminité et la Sensualité,
pas la Vulgarité et la Provocation.
Perdue Entre Deux Mondes.
Pour vous tous, silencieusement.
Hier, ça a fait 2 ans.






